La conquête de l’Ouest

Ces jours-ci, je travaille au sud-ouest de la capitale, la pointe opposée de mon 11e arrondissement. Je faisais le même trajet il y a plusieurs années pour un autre client et je passais de longues semaines dans une salle sans fenêtres, surchauffée hiver comme été. Je me souviens de mes collègues et des trajets qui me séparaient de la station de métro. 

Ma stratégie a changé. J’ai sorti ma liste de contacts. Une amie travaille juste à côté. Deux autres vivent dans le 15e. Je propose de nous retrouver pour des déjeuners en terrasse dans les prochains jours. J’ai ouvert un plan de Paris. Où sont les jardins ? Où sont les parcs ? Si j’ai un peu de temps à la mi-journée, comment explorer ces nouveaux territoires ? Puis-je transposer mes promenades de l’Est parisien vers l’ouest, armée de chaussures confortables et de ma curiosité ? 

Je déjeune sur un banc dans le parc Suzanne Lenglen après avoir admiré les jonquilles et les arbres en fleur. Un ballet d’hélicoptères survole les pelouses et les installations sportives en direction de l’héliport tout proche. Un panneau rappelle que les premiers terrains d’aviation de Paris se situaient là au début du 20e siècle.

J’arrive du centre de Paris vers 13h et j’emprunte la Petite Ceinture sur une centaine de mètres. Cette ancienne ligne de train circulaire et surélevée, qui faisait le tour de la capitale pour transporter passagers et marchandises, est progressivement réaménagée en parc. Je connais son tracé à Ménilmontant, près du parc de Belleville, et dans le 12e arrondissement, où il rejoint la promenade plantée, deux lignes de train devenues des jardins. Je vois que la Petite Ceinture du 15e peut me rapprocher, à l’ouest, du parc André Citroën (le site de l’ancienne usine automobile) ou, à l’est, du parc Georges Brassens (le site d’anciens abattoirs).

En redescendant, place Balard, je découvre un nouveau panneau gris et rouge Histoire de Paris, consacré aux fortifications construites à partir de 1840 pour protéger la ville et qui servaient aussi comme barrière douanière. Ni les murs ni l’octroi n’ont résisté à la modernité.

Ma lecture à peine achevée, une femme me demande son chemin. Elle cherche l’hôpital Pompidou et je doute un instant, rendue hésitante par le très central musée Pompidou. Je sors mon téléphone de ma poche pour la renseigner et elle me remercie avec un sourire. Cela ne fait qu’une semaine que je traverse Paris d’est en ouest. J’ai déjà l’air d’être du quartier.

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4 commentaires

  1. Un bon souvenir d’enfance pour moi qui avec mes parents visitions Paris chaque week end, mon père se trompait parfois d’itinéraire et on découvrait de ce fait un quartier ou un musée qui n’était pas prévue de visiter Merci Caroline pour ce joli texte

  2. Excellent ! J’aime bien cette idée des itinéraires inattendus/surprises. Une belle façon de visiter Paris.

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