Quand la musique est bonne

« Je viens de finir Mary Jane. Quel bouquin délicieux ! » j’écris à Catie, cette amie américaine avec laquelle je partage beaucoup de lectures. Nous choisissons des romans et quelques autobiographies, au gré des recommandations, des listes « Les livres de cet été » et des promotions de notre librairie en ligne.

Mary Jane, de l’auteure Jessica Anya Blau, décrit l’été 1975 de l’adolescente Mary Jane. Elle grandit dans un milieu très bourgeois et sage de la banlieue de Baltimore et fait du baby-sitting pour une petite fille de 5 ans, Izzy. Les parents d’Izzy sont des hippies qui accueillent, incognitos, une star du cinéma au cœur d’or et son mari, un musicien talentueux avec des problèmes d’addiction. Mary Jane, qui chante dans la chorale de sa paroisse, va découvrir une autre manière de vivre… et de chanter.  

« J’ai aussi aimé le livre parce que la musique me manque… » je complète. Et c’est vrai. La musique est partout dans ma vie mais je n’en suis jamais rassasiée.

Le jour de la fête de la musique, j’écoute, fenêtres ouvertes, des musiciens ouest-africains dans le restaurant de l’autre côté de la rue.  

Quelques vieux tubes d’Elvis Presley ou de Jerry Lee Lewis me font prêter l’oreille devant The outsiders de Francis Ford Coppola, son film sur une bande d’adolescents sorti en 1983 et où figure un très jeune Tom Cruise.

YouTube m’offre les meilleurs moments du festival britannique de Glastonburry. J’applaudis quand Katie Perry et Olivia Palermo prennent à partie les magistrats de la Cour Suprême des États-Unis. J’entonne Don’t look back in anger avec Noel Gallagher et j’ai 14 ans à nouveau.

Des podcasts me plongent dans la biographie des Beatles et je poursuis l’exploration sur Spotify, lançant des chansons qui font l’objet d’interprétations passionnées depuis presque un demi-siècle et que j’entends pour la première fois.

Place de la Bastille, sous l’ange doré, un groupe d’amis de la fac de médecine donne un concert improvisé et je reste là, suspendue, un sourire aux lèvres.

Mes amies m’envoient des vidéos de leurs chorales et je rêve de les rejoindre sur scène.

Sur les pages du livre, Mary Jane chante à l’église, Mary Jane chante dans une cuisine, Mary Jane chante dans la voiture, je chante avec elle.

Lors de mon dernier séjour à Barcelone, la chorale d’une amie était rassemblée pour un concert à côté de l’église Santa María del Mar. Il faisait gris et humide, il pleuviotait. Elle m’avait proposé d’y assister avant un déjeuner de retrouvailles. Quand les sopranos devant moi ont chanté les premières notes d’une chanson de The Cure que j’ai apprise il y a bien longtemps, j’ai retiré mon masque FFP2 en dépit de la foule et j’ai chanté I don’t care if Monday’s black, Tuesday, Wednesday, heart attack, on Thursday never looking back, it’s Friday I’m in love…

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