[Les coulisses] Lectures sur Kindle

Kindle un jour, Kindle toujours ?

Un matin d’avril 2026, j’ai reçu un courriel d’Amazon.fr m’annonçant que ma liseuse électronique Kindle ne pourrait plus, à partir du 20 mai 2026, recevoir de nouveaux livres (par téléchargement, emprunt ou achat). Amazon écrivait : « Nous vous remercions pour votre fidélité de longue date. Nous nous réjouissons que nos appareils vous aient donné satisfaction tout ce temps. »

Ma sœur m’a offert un Kindle (dois-je écrire une Kindle pour « liseuse électronique » ou un Kindle car un « livre électronique ?) en 2012. Je n’avais pas de parti pris sur le format… mais je voyageais beaucoup pour mon travail et il m’était arrivé de me retrouver sans livre à lire dans un pays où je ne pouvais pas trouver facilement de livres écrits en anglais (ou en français ou en espagnol). Près de 14 ans après, le même appareil me suit, glissé au fond d’un sac de plage, dans la valise de vacances, dans le métro. Sa coque grise est rayée, sa batterie ne tient plus vraiment les jours d’utilisation annoncés au début, mais son écran noir et blanc ne reflète pas la lumière. J’ai lu des centaines de livres sur ma liseuse, dans un avion, sur une plage ou au bord d’une piscine, dans mon canapé ou dans le métro.

Je préfère lire sur papier. J’aime l’odeur des livres, j’aime pouvoir revenir en arrière facilement, j’aime glisser un marque-page ou un ticket de carte bleue pour retrouver où j’en suis. J’aime pouvoir prêter un livre que j’ai aimé à un proche.

Mais, pour la grande lectrice que je suis, le Kindle a eu trois énormes avantages :

  • Le prix : la majorité des livres que je lis sont des romans britanniques ou américains et les maisons d’édition jouent le jeu du format électronique avec des promotions régulières et des prix bien en-dessous du prix des livres de poche. J’achète la majorité des livres électroniques pour moins de 5 euros. Les auteurs indépendants francophones que je lis font aussi bénéficier leurs lecteurs de prix accessibles en version électronique ; 
  • Le gain de place : j’habite un appartement parisien. Les 600 livres électroniques de mon Kindle représenteraient probablement 3 fois le nombre de livres que j’ai actuellement sur mes étagères ;
  • Les livres que je n’aurais jamais lus : tous les livres que je n’aurais pas pu découvrir sans mon Kindle. La plupart des livres dans cette catégorie sont des classiques, où le facteur prix (ces livres étaient gratuits ou très peu chers car désormais dans le domaine public) et ma curiosité se sont combinés pour me faire découvrir des auteurs et autrices que je n’aurais jamais lus.

Comment je les ai obtenus ?

La très grande majorité de ces classiques sont dans le domaine public et devraient donc être disponibles gratuitement en format électronique. En pratique, je les ai achetés/téléchargés sur Amazon.fr (parfois pour quelques euros) ou téléchargés sur Gutenberg.org ou Standardebooks.org et envoyés ensuite sur mon Kindle.

En voici les meilleurs, regroupés par catégories

  • Des lauréats du prix Goncourt

La maternelle de Léon Frapié (1904) : Une classe de maternelle à la fin du 19e siècle à Paris. Une plongée digne d’un documentaire, un bijou.

Le feu, journal d’une escouade d’Henri Barbusse (1916) : Direction les tranchées de la Grande Guerre en 1916 – Henri Barbusse s’est porté volontaire alors qu’il était trop âgé pour faire partie des appelés. Un témoignage à peine romancé, bouleversant.

  • La série des trois mousquetaires d’Alexandre Dumas

La série est composé de trois romans : Les trois mousquetaires (1844), Vingt ans après (1845) et Le vicomte de Bragelonne (1847). Ensemble, ils composent la plus longue série romanesque, plus longue qu’A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, que Guerre et Paix de Léon Tolstoi.

J’avais lu le premier, probablement vu plusieurs des adaptations cinématographiques… mais je me suis plongée dans la suite des aventures de D’Artagnan et de ses amis avec délectation. Cape et d’épée… et leçons de politique et de management avec le capitaine des mousquetaires du roi.

  • Les classiques de la littérature pour enfants, que je n’avais lu que dans la version adaptée à ce jeune public

Croc-blanc [White fang, 1906] et L’appel de la forêt [The call of the wild, 1903] de Jack London : Croc-blanc est un loup qui fait le choix de la domestication… et Buck, au contraire, fait le choix de la liberté

Sans ces deux excellentes lectures, je n’aurais pas lu Le peuple de l’abîme [The people of the abyss, 1903], reportage d’une modernité stupéfiante dans les quartiers pauvres de Londres en 1903 et Martin Eden (1909), un roman inspiré de la vie de transfuge de classe de Jack London lui-même où un marin devient écrivain à succès.

J’ai également lu, en version originale, L’île au trésor [Treasure island, 1883] et Kidnappé [Kidnapped, 1886] de Robert Louis Stevenson. Le premier est le roman des pirates par excellence… le deuxième, une traversée de l’Ecosse en mode roman de cape et d’épée sous fond des guerres de religion. 

Toujours dans la littérature « jeune public », j’ai découvert Anne de Green Gables [Anne of the Green Gables, 1908] de L.M. Montgomery et la série de romans qui suivent. Dans cette série de romans canadiens, une jeune orpheline est adoptée par un couple âgé sur l’Ile du Prince Edouard. Etudiante brillante, elle part ensuite sur le « continent » pour faire des études et devenir institutrice. Je lis actuellement Le château bleu [The blue castle, 1906] de la même autrice où Valancy Sterling décide de se rebeller contre sa famille après avoir reçu un diagnostic médical sans espoir. 

  • Des classiques du 19e siècle que je n’avais jamais lus

Frankenstein (1818) de Mary Shelley : l’histoire du Docteur et de la créature est un classique car il offre multitude d’interprétations.

Conte de Noël [A Christmas carol, 1843] de Charles Dickens : Scrooge reçoit la visite de 3 fantômes dans la nuit du Réveillon et réfléchit sur sa vie

Shirley (1849) de Charlotte Brontë : Avec la révolution industrielle comme toile de fond, Shirley est une héroïne d’une autre trempe que Jane Eyre

Carmilla (1872) de Joseph Sheridan Le Fanu : Un roman de vampires qui a précédé le Dracula de Bram Stoker

Les diaboliques (1874) de J. Barbey d’Aurevilly : Des nouvelles et un style d’une beauté à couper le souffle

  • Commencer à lire des autrices britanniques ou américaines moins connues en France

Un avril enchanté [The Enchanted April, 1922] d’Elizabeth Von Arnim : Quatre Anglaises que tout sépare partent ensemble en vacances dans un château italien

Clair-obscur [Passing, 1929] de Nella Larsen : Deux amies afro-américaines se retrouvent après plusieurs années sans se voir. L’une d’elles a quitté New York pour Chicago et se fait passer pour blanche.

South Riding (1936) [Non traduit] de Winifred Holtby : Une institutrice arrive dans un village du nord de l’Angleterre

The home-maker (1924) [Une traduction existe en français dont je me méfie…] de Dorothy Canfield Fisher : Les parents de trois jeunes enfants changent de carrière. Il devient, obligé par un accident, père au foyer et elle commence à travailler dans un grand magasin. Un régal, touchant et moderne.

  • Quelques découvertes complètement inattendues

Martín Rivas de Alberto Blest Gana (1862) : Ce roman dont l’intrigue se situe à Santiago du Chili au milieu du 19e siècle présente des similitudes avec Orgueil et préjugés [Pride and prejudice] de Jane Austen, notamment dans les malentendus entre les deux protagonistes, la hautaine Dolores et l’ambitieux Martín. Agustín, le frère de l’héroïne, avec ses manières et ses gallicismes (j’ai lu le roman en espagnol), me fait rire plus d’un siècle après la publication du roman. J’ai rapporté une édition imprimée du livre de Santiago en souvenir.

Le papier peint jaune ou La séquestrée [The yellow wallpaper, 1892] de Charlotte Perkins Gilman : Une jeune femme souffrant de dépression post-partum est recluse dans une chambre au papier peint jaune.

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