A l’ouest, tout est nouveau

Le printemps arrive à Paris. Le mimosa du Jardin des Plantes embaume l’air de son parfum poudré. Les prunus se couvrent de fleurs sur la Promenade Plantée. Pour un nouveau projet professionnel, je prends le métro jusqu’à une station qui porte le nom d’une fleur : Jasmin.

De l’immeuble où je travaille quelques jours par semaine, je vois, selon les étages, l’hippodrome d’Auteuil au cœur du bois de Boulogne tout proche, ou la Tour Eiffel, suffisamment proche que les photos ne rendent pas justice à la taille qu’elle occupe dans le décor.

Les pauses déjeuners me donnent l’occasion d’explorer cet ouest parisien que je connais mal. Je pourrais retourner au musée Marmottant-Monet admirer les nymphéas, partir marcher au bois de Boulogne envahi par les sportifs, partager un repas avec mes anciens collègues dans le 8e arrondissement voisin, et, surtout, découvrir l’architecture, les rues et les jardins de ce prospère arrondissement de Paris, si cossu et tranquille, à l’opposé de mon 11e arrondissement.

Je repère le tracé de la Petite Ceinture du 16e arrondissement, cette ancienne voie de chemin de fer transformée en lieu de balade, sur laquelle j’ai marché dans le 12e et dans le 15e et dont je rêve d’une expansion dans le 20e arrondissement.

Je trouve le premier de mes nouveaux jardins, un joli parc de quartier, situé en bordure d’une place ornée d’une statue de Rodin. Une aire de jeux pour enfants, des bancs, quelques pelouses. Je descends jusqu’aux rives de la Seine pour voir la Statue de la Liberté, réplique miniature de sa grande sœur new yorkaise. Je prends en photo quelques façades de style Art Nouveau. Je pique-nique au soleil dans un parc près de l’église d’Auteuil. Auteuil est l’un de ces anciens villages et bourgs rattachés à Paris lors du dernier élargissement de la capitale en 1860 et a gardé des airs d’ailleurs. Place de l’église, je ralentis ma promenade sur les pavés irréguliers et je me promets de revenir déjeuner en terrasse dans un bistrot derrière le lycée Jean-Baptiste-Say.

Je savoure l’arrivée du printemps, qui ne distingue pas entre l’est et l’ouest. Je démarre un nouveau projet : accomplir la mission professionnelle qui m’a été confiée et découvrir en profondeur un nouveau coin de Paris. À l’ouest, tout est nouveau.

Image by Spongeldn from Pixabay

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